Son initiateur aux mœurs rustiques des Inuits, le fondateur des Missions du Grand Nord Canadien était un humble prêtre, Oblat lui aussi, un peu dur d’oreille, à la vue fatiguée, usé par sept ans de solitude, de lutte contre le froid, la faim, l’épuisement et l’hostilité sous-jacente de ses ouailles.
Avant lui, trois missionnaires avaient tenté d’approcher les Esquimaux et avaient disparu dans des conditions dramatiques. L’un s’était noyé dans les glaces avec son attelage de chiens, les deux autres avaient été victimes d’un meurtre suscité par les sorciers locaux et avaient été en partie dévorés par leurs assassins. Cela se passait en 1913.

Celui qui se porta volontaire pour les remplacer était le Père Pierre Fallaize. Il était né à Gonneville sur Honfleur le 25 Mai 1887 de Marie Rosalie Leroy, épouse de Pierre Thimothée Fallaize, petit cultivateur au lieu dit Le Hiautre.
Dès l’âge de six ans, il descendra à pied chaque matin à Honfleur pour se rendre à l’École de la Rue de la République, faisant ainsi, encore bien jeune, six kilomètres par jour, ce qui fera de lui plus tard, sinon un sportif, à tout le moins, un homme d’une résistance physique peu banale et un marcheur infatigable.

Sa mère disparaîtra alors qu’il n’avait que sept ans et son père rejoindra sa femme quatre ans après, laissant un orphelin de onze ans à la charge d’un oncle qui quelques années plus tard, prendra lui aussi, le chemin du cimetière…

Son frère aîné, Paul, nettement plus âgé que lui, charpentier à Gonneville, prendra soin de son jeune frère et favorisera sa vocation religieuse précoce en l’envoyant au Petit Séminaire de Lisieux.[ suite ]

 

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