Il est une évidence reconnue par tous, les Français n’aiment pas se poser trop de questions sur leur passé et préfèrent occulter ce qui les dérange dès lors que l’histoire de leur pays ne leur fait pas vraiment honneur.
Les Anglo-Saxons, pragmatiques et réalistes acceptent plus facilement de se remettre en cause.
C’est ainsi que les Anglais reconnurent leurs torts et leurs responsabilités dans l’épouvantable histoire de la Traite des Noirs, et seront les premiers à abolir l’esclavage dont ils furent parmi les plus importants responsables et bénéficiaires.

Les Français préférèrent poser un épais manteau d’oubli et de silence sur leur rôle dans cette tragédie, où, à l’instar de la plupart des colonisateurs européens, il trafiquèrent « le bois d’ébène » pour la plus grande prospérité de leurs champs de canne à sucre, de coton ou de café des Caraïbes et des deux Amériques.

Tous les ports français ayant des relations maritimes avec les Antilles et Saint Domingue, participèrent peu ou prou à ce trafic, surtout aux XVIIe et XVIIIe siècle.

Honfleur était, à cette époque, encore un port très important, un port de terre-neuvas, un avant-port de Rouen et une escale obligée dans le cabotage européen.
La grande époque de la découverte et de la colonisation du Canada était terminée pour Honfleur. La Rochelle et les ports de l’Atlantique avaient supplanté les ports normands trop proches des côtes anglaises.
Les armateurs honfleurais s’intéressèrent donc particulièrement au développement de Saint Domingue, où certains de leurs compatriotes s’installèrent pour servir de relais aux négociants de la métropole.

Il ne faut donc pas se cacher derrière son petit doigt, et quitte à paraître iconoclaste, il faut dire que les Honfleurais ne furent pas meilleurs que les autres, que Honfleur fera partie des ports français négriers après Nantes, La Rochelle, Saint Malo, Bordeaux, Le Havre et bien d’autres…[suite]

 

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